En Bretagne à vélo avant Noël

Du 16 au 24 décembre 2011

Auray –> Carhaix – 372,42 kilomètres à vélo – bivouac

Notre voyage en Bretagne avait pour objectif de nous permettre de tester notre matériel dans des conditions disons… humides. Puisqu’il paraît qu’en Bretagne il ne pleut que sur les cons, nous étions bien les seuls cons à penser que voyager à vélo et camper juste avant Noël pouvait être une bonne idée.

Sur le coup évidemment, nous nous sommes un peu maudits : nous avons eu la pluie bien sûr, et aussi la grêle, idéales pour tester le matériel, mais surtout la brume qui nous empêchait de profiter du paysage.
Nous n’avions pas anticipé non plus que ces conditions climatiques nécessiteraient que nous mangions davantage que lors d’un petit week-end sur la Loire. Mais heureusement, en Bretagne il y a le kouign-amann qui dégouline de beurre ! Et, on ne le dira jamais assez : le beurre, c’est la vie. Les kouignettes et les chocolats de Larnicol, découverts lors de notre passage à Locronan, nous ont aussi bien changé la vie, il faut l’avouer.

Vieilles pierres, Bretagne

L’incontournable caillou breton

A posteriori, ce voyage nous a beaucoup appris sur nous-mêmes et sur notre capacité à voyager à vélo. Nous en retenons bien sûr qu’il nous faut manger plus, quand des conditions climatiques franchement désagréables s’ajoutent à l’effort physique.
Personnellement, j’en ai surtout retiré que je suis parfaitement capable de bivouaquer, d’autant plus avec notre grande tente trois personnes, qui me donne presque l’impression d’être à la maison. Cela ne m’a pas empêchée d’imaginer que le type qui nous a gentiment proposé de planter notre tente dans son jardin à Le Juch était un tueur en série. Mais ce genre de pensées partira sans doute avec le temps, n’est-ce pas ? À moins que nous ne tombions effectivement un jour sur un égorgeur de cyclistes, mais nous ne serons alors plus là pour en parler dans un article de blog.

Le détail de nos étapes :

Vendredi 16 décembre : Auray –> Carnac – 45,75 km
Joueur de cornemuse à Carnac

Un joueur de cornemuse sorti de nulle part, près de Carnac

Notre train a eu du retard à cause de Joachim, la première tempête hivernale de cette année 2011. Nous sommes arrivés à Auray avec une heure de retard et avons subi la grêle par deux fois sur la route. Nous campons derrière un groupe d’alignements, pas vraiment exceptionnels et j’espère en voir des plus jolis les jours suivants. Des chiens aboient non loin. Je ne me sens pas très rassurée.

Samedi 17 décembre : Carnac –> Quimperlé –> Quimper – 79,15 km
Vélo d'Alex

Le vélo d’Alex

Nous nous sommes levés à 5h ce matin parce qu’une grosse journée nous attendait. C’était un peu étrange de partir à vélo avec les lampes frontales, au milieu des alignements, mais très agréable de voir le jour se lever progressivement alors que nous avancions.
Nous avons fait le trajet Quimperlé – Quimper en train et avons choisi de dormir à l’hôtel cette nuit. En sortant de la gare de Quimper à 17h30, il aurait effectivement fait nuit noire le temps de sortir suffisamment de la ville pour trouver un bon coin pour camper. Le froid et la fatigue me tapent sur le système, et j’espère que nous ne serons pas obligés de rouler autant chaque jour par la suite.

Le vélo de Marie

Le vélo de Marie

Dimanche 18 décembre : Quimper –> Penhors – 27,45 km
Notre tente à Penhors

Notre tente, en haut d’une colline à Penhors

Cette journée était complètement différente de celles que nous avons l’habitude d’avoir en partant à vélo. Nous nous sommes autorisés à dormir jusqu’à neuf heures pour récupérer, et nous n’avons quitté l’hôtel que vers onze heures. Nous avons pris le temps de nous promener dans Quimper et de visiter la ville. Il n’y avait pratiquement que des locaux, ce qui était bien agréable. En été, ce doit être noir de monde.
Nous n’avons pas beaucoup roulé, donc je ne me sens pas très fatiguée. Et nous avons une fois de plus tout de suite trouvé où planter notre tente. Nous sommes sur une espèces de plateau, face à la mer. Nous avons vu le soleil se coucher en arrivant, c’était très beau. En plus les nuages ont bien voulu attendre que nous soyons bien installés pour se mettre à pleuvoir, donc cette journée est parfaite.

Lundi 19 décembre : Penhors –> Pointe du Raz – 40,80 km
Brume sur la pointe du Raz

Brume sur la pointe du Raz

J’avais l’impression de ne pas avancer à cause du vent aujourd’hui, mais je suis contente que nous ayons plus roulé qu’hier. Même à pieds, une fois arrivés à la pointe du Raz, nous avions du mal à marcher.
Pour planter la tente ce soir, nous avons trouvé une aire de pique-nique entre la pointe du Raz et la baie des trépassés.

Pointe du raz

La pointe du raz

Mardi 20 décembre : Pointe du Raz –> Le Juch – 48,08 km
La baie des trépassés

La baie des trépassés. Qui pouvait-il y avoir d’autre que nous ici, avec ce temps ?

Ce matin nous avons donc vu la baie des trépassés et la pointe du Van, que j’ai préférée de loin à la pointe du Raz : elle est en effet beaucoup plus sauvage.
Ce soir, nous avons planté notre tente dans le jardin d’un homme qui fait pousser des légumes et a des ruches pour produire du miel. Nous envisagions de dormir le long de la piste cyclable qui passe juste à côté de sa maison, et il nous a proposé son jardin alors que nous lui demandions si l’endroit que nous avions choisi était un bon choix. Nous avons discuté avec lui pendant que nous nous installions, c’était assez sympa. J’espère simplement que ce n’est pas un serial killer qui reviendra nous voir une voir que nous serons endormis.

Mercredi 21 décembre : Le Juch –> Sainte Marie du Menez Hom – 32,73 km

Finalement, nous avons survécu au supposé tueur en série. La journée a été assez difficile cependant : nous n’avons pas roulé beaucoup mais nous avons passé notre temps à grimper. Le plus dur a été la montagne de Locrenan avec son interminable côte à 17%, et le Menez Hom a été la cerise sur le gâteau avec une côte assez difficile.
Surtout, nous n’avons rien pu voir de ces deux endroits parce qu’ils étaient complètement noyés dans la brume. Nous n’avons donc aucune idée de ce à quoi ressemble le Menez Hom et de ce qu’il donne à voir. Il a bruiné toute la journée, c’était vraiment usant.

Jeudi 22 décembre : Sainte Marie du Menez Hom –> La roche du feu – 42,38 km
Brume en haut du Menez Hom

Dans la brume

Je commence à mieux me débrouiller dans les montées. Je ne vais pas vite, mais une fois en haut je suis moins fatiguée qu’avant.
Les villes que nous avons traversées aujourd’hui n’étaient pas particulièrement remarquables. Il y avait bien une belle église à Peyben, mais ça s’arrête là. En revanche, aller jusqu’à la roche du feu vallait vraiment le coup. Il nous a encore fallu grimper pour y accéder, mais cette fois-ci il n’y avait pas de bruine : nous avons eu une vue dégagée sur la Bretagne.
C’est notre dernière nuit sous la tente pour ces vacances. Finalement je trouve que je me débrouille pas mal. La taille de notre tente y est sans doute pour beaucoup, la grande abside nous permettant de ne pas dormir juste à côté de la porte d’entrée.

Vendredi 23 décembre : La roche du feu –> Carhaix – 56,08 km
Retour de la brume

Retour de la brume pour le dernier jour

Nous sommes dans le seul hôtel de Carhaix qui est ouvert ce soir et il fermera ses portes demain. Un coup de chance. Dans la rue en revanche, il y a des hauts parleurs qui diffusent des chants de Noël en boucle. C’est un peu flippant.
Demain, nous prendrons le train pour Paris où un bon dîner de Noël nous attendra chez ma tante Juliette.

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