Arrivée en Autriche

Vendredi 3 février 2017 : Ratisbonne –> Quatre kilomètres avant Vilshofen – 99,65 km – 5h46

Nous quittons Ratisbonne vers huit heures, il fait un froid de gueux (mais bien moins qu’en Suisse !).
Un voile blanc recouvre la campagne et nous apercevons des oies au loin.

Oies dans la neige et la brume

Neige et brume

Nous croisons beaucoup de camions et tentons de prendre une route secondaire qui s’avère finalement s’éloigner de notre itinéraire. Nous reprenons la route initiale, où les camions expriment clairement qu’ils pensent que nous avons une case en moins.

Camions et vélo couché

Après une bonne journée de vélo qui délasse après tous ces journées passées sans faire de sport, nous posons la tente dans un champ recouvert d’une épaisse couche de neige le long du Danube, complètement gelé à cet endroit.

Schlosserei

Danube gelé

Danube gelé

Marie et Alex avec des bonnets

Tente dans la neige

Samedi 4 : quatre kilomètres avant Vilshofen —> Après Niederranna – 70,81 km – 4h36

Alors que nous arrivons à Passau, le soleil sort de sa cachette et il se met soudain à faire beau. C’est l’occasion de visiter la cathédrale, avec son intérieur légèrement rococo.

Cathédrale de Passau

Orgue, cathédrale de Passau

Nef, cathédrale de Passau

Plafond, cathédrale de Passau

Chair, cathédrale de Passau

Nous décidons de reprendre le tracé de l’eurovéloroute numéro six, la neige donnant ici l’impression d’avoir fondu sur les rives du Danube, et nous passons la frontière autrichienne.

Sur les maisons qui longent le Danube, et plus tard dans les villes, nous sommes intrigués par des symboles ressemblants a une équation, inscrits le plus souvent à la craie, au-dessus des portes d’entrée (désolés, nous n’avons pas pris de photo !). En demandant de l’eau dans une maison où un adolescent aura le bon goût de parler anglais, nous apprendrons qu’il s’agit d’une inscription montrant que la famille en question (ou le commerce, dans les villes) a contribué à l’impôt religieux. Et avec une recherche Google, nous découvrirons que cet impôt est obligatoire en Autriche !

Lune ou soleil sur l'eurovéloroute

Danube en Autriche

Sirène le long du Danube

Caméra à l'avant d'un vélo couché

Vue de l’avant du vélo d’Alex

Bivouac dans la neige

Premier spot de bivouac en Autriche

Nous nous interrogeons aussi sur le sens de l’expression keine winterdienst que nous retrouvons fréquemment sur les panneaux qui bordent notre route. N’ayant pas Internet, nous ne pouvons que faire des suppositions à partir de mes restes d’allemand : « pas d’hiver-quelque chose » oui, mais quoi ? Pas d’abri hivernal peut-être ? Peu importe, nous avons notre tente. Pas de déneigement ? Etrange, puisque la route est au contraire pour l’instant bien déneigée.

Dimanche 5 : après Niederranna —> Linz – 74,04 km

Nous continuons à suivre le Danube, jusqu’à ce que nous tombions sur un homme qui nous fait comprendre à grands coups de « Stop ! Stop ! » que notre route prend fin chez lui : après sa maison, la route est en effet barrée d’un grand mur de neige… Nous parions alors que winterdienst signifie déneigement, et nous repartons en sens inverse : nous rebroussons les six kilomètres que nous venons de faire, en ajoutons sept de plus afin d’atteindre un pont qui nous permet d’atteindre l’autre rive et de reprendre notre route dans le bon sens. Vive les kilomètres inutiles !

Route dans la brume, Autriche

Dans un sens…

Route dans la brume, Autriche

… puis dans l’autre !

Après plusieurs kilomètres supplémentaires, nous nous arrêtons près d’un complexe hotelier de luxe où nous trouvons une personne qui parle anglais. Elle nous confirme que nous devons cesser de compter sur la piste cyclable et nous aventurer dans les collines de la forêt autrichienne pour continuer notre route : les rives du Danube ne sont plus déneigées au-delà, et en les empruntant nous risquons une fois de plus de devoir faire demi-tour.

Bateaux pris dans le Danube gelé

Soleil derrière une maison sous la neige

Maison sur le Danube

Marie et Alex

Pause déjeuner dans la neige

Pause déjeuner dans la neige

Nos vélos couchés

Nous arrivons à Linz et cherchons auprès de l’office du tourisme un toit sous lequel dormir. Deux options s’offrent à nous, une auberge de jeunesse et un cloître et, parce que cette occasion ne se représentera probablement pas de sitôt, nous décidons de choisir le cloître. Les deux sont au même prix, annoncent du wifi et incluent le petit-déjeuner. Mais le cloître a une chambre double ! Et il est sur la route de notre itinéraire pour le lendemain.
La gentille dame de l’office du tourisme téléphone pour nous aux deux endroits et obtient confirmation à chaque fois qu’une chambre (deux lits séparés dans l’auberge) est disponible pour nous.

Hauptplatz, colonne de la trinité, Linz

La Hauptplatz et sa colonne de la Trinité

Arrivés devant le cloître en revanche, tout devait nous pousser à poursuivre notre route. Pour commencer, rien n’indiquait sur la façade austère que l’endroit était réellement ouvert aux voyageurs. Ensuite, alors que nous sonnons plusieurs fois, personne ne nous répond. Au moment où nous décidons de partir, une jeune fille arrive vêtue comme une sœur en devenir. En mélangeant quelques mots d’allemand et d’anglais, nous réussissons à obtenir qu’elle aille se renseigner à l’intérieur pour nous. Elle dispose d’une clef, mais ne peut bien sûr pas nous faire entrer, ne vivant pas elle-même ici.
Après quelques minutes, elle revient finalement pour nous annoncer que c’est l’heure de la prière, et que nous devons revenir à six heures pour espérer parler à quelqu’un. Probablement par flemme de repartir en quête d’un autre endroit, nous décidons de poireauter une demie-heure en attendant que l’on nous ouvre.

Nous nous décidons alors à sonner de nouveau, et une sœur très aimable et disposant probablement de responsabilités vient alors nous ouvrir la porte. Après avoir rempli un formulaire sur un carnet imprimant des doubles carbonne, dans lequel nous attesterons bien sûr être mariés (et dans lequel Alex héritera alors de mon nom de famille, aucun espace n’ayant été prévu pour inscrire le nom du conjoint de la personne remplissant ledit formulaire…), elle nous installe dans notre chambre.
Première déception : la chambre double se révèle être un grand placard avec deux petits lits, et le réseau wifi annoncé n’est disponible que dans une pièce commune à un autre étage.

Cloître à Linz

Le jardin du cloître

Linzertorte

La fameuse Linzertorte

Deux parts de Linzertorte plus tard (révélation gustative pour Alex qui n’y avait jamais goûté), nous décidons de faire abstraction et… actons que nous nous rattraperons sur le buffet du petit-déjeuner.
Nous ressortons visiter un peu la ville, nous promenant sur la place principale et visitant la cathédrale.

Nouvelle Cathédrale de Linz

Nouvelle Cathédrale de Linz

Nouvelle Cathédrale de Linz

Intérieur de la Nouvelle Cathédrale de Linz

Plafond de la Nouvelle Cathédrale de Linz

Statue de la Vierge dans la Nouvelle Cathédrale de Linz

Vitraux de la Nouvelle Cathédrale de Linz

Lundi 6 : Linz —> Klein-Pöchlarn – 98,09 km – 5h58

Le lendemain matin, bien contents de nous être rempli la panse lors du petit-déjeuner, nous découvrons que le cloître avait augmenté ses tarifs depuis l’impression de la brochure disponible à l’office du tourisme et, nous avons beau leur expliquer que le prix demandé par les sœurs ne correspond pas à celui que nous nous attendions à payer, aucune charité chrétienne ne vient alors leur faire réviser leur position.

Nous quittons Linz avec la désagréable sensation de nous être fait plumer, et la déception de n’avoir pas pu acheter de nouvelles parts de linzertorte pour la route, une bonne part de la matinée ayant été employée à négocier, puis à chercher un distributeur pour régler notre facture, le cloître ayant en plus le mauvais goût de ne pas accepter la carte bleue.

Une façade décorée en Autriche

Une façade jaune en Autriche

Une façade rose en Autriche

Tracteur avec chaînes pour les pneus pour la neige

LA solution contre le verglas : les chaînes !

La piste cyclable, quand elle existe, longe la route des voitures et le Danube.
Nous passons dans des gorges qui nous donnent enfin la sensation de profiter du Danube et nous permettent d’apprécier le paysage.

Route enneigée en Autriche

La voie est libre !

Vélo couché sur la neige en Autriche

En fait non…

Gravier pour déneiger en Autriche

Mieux que le sel, la solution est de l’autre côté du pont : du gravier

Vélo couché en hiver en Autriche

Route embrumée en Autriche

Brume sur le Danube

Nous plantons la tente alors que la nuit tombe, sur une colline menant à Klein-Pöchlarn, sur laquelle la piste cyclable se sépare alors de la route.

Mardi 7 : Kein-Pöchlarn —> Vienne – 112,89 km – 7h13

Nous suivons la piste cyclable jusqu’à Melk, mais certains tronçons sont de nouveau verglacés et Marie chute une fois de plus. Nous croisons un groupe de jeunes qui font leur jogging et semblent faire partie d’un camp de redressement.
Nous admirons d’en bas l’abbaye qui a inspiré Umberto Eco pour son Nom de la rose, puis nous reprenons la route, aux côtés des voitures cette fois, pour nous éviter de nouvelles déconvenues.

L'abbaye de Melk

Sans trop de nourriture dans les sacoches et Vienne étant encore loin, nous envisageons d’acheter un plat tout prêt sur la route pour ne pas perdre de temps à cuisiner. Le seul endroit qui se présente à nous est une station-service faisant restaurant.
Nous nous y arrêtons donc pour déjeuner, dans l’espoir d’une pause rapide… Mais c’était sans compter sur un serveur amoureux de Paris et parlant un peu français : ravis de pouvoir communiquer, nous nous lançons dans de grandes discussions sur l’Autriche et la France et, une (grande) bière plus tard, nous nous retrouvons à manger des tranches de pain de viande improbables : fourrés au fromage, au « chili » et à la tomate. Une texture à laquelle nous essaierons de ne pas repenser plus tard, mais qui passera toute seule sur le coup, la faim et le pain aidant.

Lorsque nous nous décidons enfin à remonter sur nos vélos, l’après-midi est déjà bien entamée. Continuant à suivre la route des voitures, nous nous retrouvons embarqués dans une colline avec de nombreux virages.
Nous arrivons à Vienne alors que la nuit tombe sérieusement et, dans ce qui ressemble à une grosse banlieue, nous tombons miraculeusement sur une piste cyclable. Nous demandons notre chemin à un jeune couple sorti promener son chien. Ils essaient longtemps de nous convaincre de prendre le train avec nos vélos pour rejoindre le centre-ville mais, face à notre obstination, ils réussissent finalement à nous indiquer la bonne direction en mélangeant quelques mots d’anglais et d’allemand.

Arrivés dans le centre de Vienne, nous nous perdons plusieurs minutes avant de prendre le bon chemin… en sens inverse. Une fois dans la bonne direction, la route qu’il nous reste à parcourir est encore longue, Vienne étant tout simplement immense.
Nous finissons enfin par arriver chez Marcus, notre hôte warmshower pour les deux nuits à venir, qui ne nous attendait plus, inquiet qu’il ne nous soit arrivé quelque chose.
Nous sommes épuisés et il partage avec nous une recette de son enfance : un dessert à base de semoule de maïs, de lait et de vanille, cuit lentement à la casserole. Le but est ensuite d’y ajouter les ingrédients de son choix (sucre, chocolat, miel, cannelle, noisettes, raisins…) pour en faire le dîner-petit-déjeuner parfait.

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